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Le serpent ?

Cet instrument de musique a fait son apparition  à la fin du XVIe siècle. Il doit son nom à sa forme en « S ». C’est un tuyau en bois percé de six trous et muni d’une embouchure qui s’apparente à celle du trombone, généralement en ivoire. Son invention est attribuée au chanoine Edme Guillaume, ecclésiastique auxerrois, et remonterait à 1590. Il servait alors à soutenir le plain-chant  – fonction qui plus tard allait être dévolue à l’orgue.

La Chapelle royale a eu son joueur de serpent au moins jusqu’en 1730 et, au début du XXe siècle, le serpent (ou l’ophicléide) remplissait encore les mêmes fonctions dans certaines églises paroissiales françaises.

Les pays voisins ont connu le serpent à partir de 1660 : en Italie, par exemple, on en jouait avec les trombones à San Petronio, à Bologne, jusqu’en 1700 ; en Angleterre, il servait parfois à jouer de la musique profane en plein air ; Hændel l’utilise dans sa « Musique pour les feux d’artifice royaux » afin de renforcer la partie de basse. Puis le serpent fait son apparition dans la musique militaire.

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Dans « Under the Greenwood Tree » (1872), le romancier Thomas Hardy mentionne la présence d’un serpent dans une fanfare villageoise. L’instrument disparaît ensuite peu à peu du paysage musical européen, même s’ il existait encore un joueur de serpent villageois en Tchécoslovaquie en 1950.

Le serpent offre de grandes possibilités techniques et se rapproche,  par son timbre, de la voix humaine. Il peut doubler, alterner ou dialoguer avec les voix et jouer un rôle de soliste.

Ce n’est pas un hasard si notre époque retrouve tout l’intérêt de cet instrument, et si c’est à Villefranche de Rouergue que vont se jouer ces « surprises du serpent ».

A Villefranche de Rouergue en effet, au XVIIIe siècle, une tradition musicale extrêmement riche accordait une grande place au serpent. Le précieux fonds musical laissé par la confrérie des Pénitents Noirs comporte de nombreuses partitions contenant une partie de serpent.  Un instrument du début du XIXème siècle, réalisé par un artisan rouergat pour ladite confrérie, est d’ailleurs conservé au Musée Urbain Cabrol de la ville.

Présent dans le répertoire profane et sacré durant plusieurs siècles, le serpent connaît aujourd’hui une renaissance en explorant  parfois des chemins inattendus comme le jazz contemporain et les musiques improvisées. Autour de lui se réalisent des rencontres inattendues, comme cette collaboration entre un musicien virtuose du jazz européen, Michel Godard, et Rolandas Muleika qui explore avec beaucoup de passion, avec son Ensemble Antiphona, les chefs-d’œuvre de la musique baroque.

Nous vous offrons ainsi un regard « ondulant » dans le temps et dans l’espace en vous proposant d’écouter les œuvres où le serpent occupe un rôle central de « médiateur ». Celui qui réconcilie les différences, provoque et apaise les tensions, celui qui aspire à l’harmonie.  A travers les airs de cour, le plain-chant, les polyphonies médiévales du XIIIe siècle, la canzonetta, les motets des compositeurs tels que Claudio Monteverdi, Marc-Antoine Charpentier, Etienne Moulinié et … l’improvisation, le serpent nous réserve quelques surprises de choix.

« Les Surprises du serpent »

Michel Godard – serpent

Ensemble Antiphona :

Sarah Szlakmann, Marlène Moly – Sopranos

Clément Lanfranchi – Ténor

Rolandas Muleika – Orgue, Baryton et Direction

Œuvres de Monteverdi, Moulinié, Lorenzani, Charpentier, Juan del Encina… et Michel Godard 

L’Ensemble ANTIPHONA est soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication (Direction régionale des affaires culturelles de Midi-Pyrénées), le Conseil Régional de Midi-Pyrénées, le Conseil Général de la Haute-Garonne et la Mairie de Toulouse.